LA PHOTO-IDENTIFICATION

Mieux connaître pour mieux protéger : la photo-identification

Comment reconnaître un dauphin déjà observé ? Comment suivre ses déplacements et comprendre la fréquentation de nos eaux côtières ?

Le Golfe Normand-Breton accueille une importante population côtière de grands dauphins (Tursiops truncatus). Suivre ces animaux au fil des années permet de mieux comprendre leur utilisation du territoire et de recueillir des informations utiles à leur conservation. Pour cela, AL LARK utilise la photo-identification, une méthode non invasive qui permet de reconnaitre les individu grâce aux marques présentes sur leur nageoire dorsale, également appelée « aileron ».

Aileron d’un grand dauphin (Tursiops truncatus) photographié dans le Golfe Normand-Breton. Crédit : Association AL LARK.

 

Une véritable carte d’identité

Encoches, cicatrices, traces de dents ou variations de coloration : les ailerons des grands dauphins présentent des caractéristiques qui permettent de distinguer les individus (Figure 2). Ces marques peuvent évoluer au cours de leur vie. Certains dauphins, notamment les plus jeunes, possèdent aussi des ailerons peu marqués, plus difficiles à reconnaître.

Lors des missions en mer, l’équipe photographie les ailerons, puis compare les images à celles des individus déjà répertoriés. Chaque identification confirmée enrichit un catalogue photographique, qui permet de retrouver un même dauphin plusieurs mois ou plusieurs années après sa première observation.

Marques naturelles utilisées pour la photo-identification. Crédit : Association AL LARK.

 

Retrouver les individus pour mieux comprendre la population

La photo-identification permet de constituer, pour chaque dauphin reconnaissable, un historique d’observation : les dates et les lieux où il a été identifié au fil du temps.

Ces historiques peuvent ensuite être analysés grâce à des modèles statistiques de capture-marquage-recapture (CMR). La première identification photographique d’un dauphin correspond à une « capture » au sens statistique du terme. Ses marques naturelles permettent ensuite de le reconnaître, sans avoir à le capturer ni à le marquer physiquement. Lorsqu’il est identifié à nouveau au cours d’une mission ultérieure, on parle de « recapture ».

En analysant les historiques d’observation des individus, les modèles de capture-marquage-recapture (CMR) permettent notamment d’estimer l’abondance de la population et la probabilité de survie des individus, selon les données disponibles et les modèles utilisés. Ces analyses tiennent compte du fait qu’un dauphin présent dans la zone n’est pas nécessairement détecté à chaque mission. Au-delà de ces estimations, les observations répétées renseignent sur la fidélité à certains secteurs, les déplacements observés et les associations entre individus.

Principe du suivi scientifique par Capture – Marquage – Recapture (CMR). Crédit : Association AL LARK.

De la photographie à l’identification

Pour garantir la fiabilité des données, chaque photographie suit plusieurs étapes avant d’être intégrée au suivi :

 

1. Photographier en mer

Les sorties sont réalisées dans le respect des règles d’approche strictes, afin de limiter le dérangement des individus. Les ailerons sont photographiés à l’aide d’un matériel adapté à la photo-identification.

 

2. Sélectionner et évaluer les images

Les photographies sont triées et évaluées selon leur qualité (netteté, exposition, angle de prise de vue), mais aussi selon la distinctivité des ailerons, c’est-à- c’est-à-dire leur degré de marquage. Cette étape permet de sélectionner les photographies adaptées à une identification fiable.

Les bénévoles du programme TRISK’AILE participent à ce travail de sélection.

🠒 Découvrir TRISK’AILE

 

3. Comparer les ailerons

Les photographies retenues sont comparées au catalogue. Lorsqu’une correspondance est confirmée, une nouvelle observation est ajoutée à l’historique du dauphin connu. Si aucun individu connu ne correspond, un nouvel individu peut être enregistré, à condition que ses marques permettent de le reconnaître de façon fiable.

 

Partage de données

Les dauphins se déplacent au-delà des limites des zones suivies par chaque structure. La comparaison des catalogues photographiques permet ainsi de rechercher des individus observés dans différents secteurs et de mieux documenter leurs déplacements. 

AL LARK échange notamment des données avec le Parc naturel marin d’Iroise (PNMI) et souhaite développer les collaborations entre structures de suivi pour faire progresser les connaissances sur les populations de dauphins à l’échelle de la Manche et de l’Atlantique.

 

Comment participer ?

La préservation de la biodiversité marine nécessite une vigilance collective. Vous souhaitez nous aider ? Plusieurs possibilités s’offrent à vous :

🠒 Partager vos données opportunistes via ObsEnMer !

🠒 Devenir bénévole sur le terrain

🠒 Soutenir nos actions